Vains dieux, on a vingt ans !!! n°10

10ème épisode : « Exposition permanente »

Résumé des épisodes précédents : La compagnie Les Uns, les Unes fête ses 20 ans du 24 au 27 septembre 2015 à Serémange-Erzange. Il y aura du théâtre, de la chanson, des lectures, de la poésie, des nouveautés, des reprises, une exposition, du cinéma… Du rire et de l’émotion…

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Les Uns, les Unes, ça n’est pas seulement une Compagnie, c’est aussi, comme son nom peut le suggérer, des gens qui tournent autour. Parmi eux, il en est un qui donne à voir tout autant que nous. Mais plus discrètement sans monter sur les planches. Sans la ramener.
Il ne dit rien ou pas grand-chose. Il s’est approché, on n’a pas fait attention, on l’a vu débarquer à une répétition, à une générale, il a dit « salut », poli, sorti un truc pince-sans-rire, on a souri (mais pas par politesse, parce que c’est toujours drôle), puis il s’est installé, n’a pas fait de bruit et puis clic, il a fait une image…
Depuis toujours, il nous mitraille avec son appareil. Il s’appelle Marc Putton. Accessoirement il est le mari de Marie-Noëlle qui est de l’autre côté de l’objectif, avec nous, à la ramener sur scène…
Moi aussi je fais des photos… Enfin j’appuie sur le bouton au-dessus, à droite de l’appareil. Mais quand je vois les photos de Marc, il faut que je me rende à l’évidence : on n’a pas le même œil !
Lui, par exemple, voit beaucoup en noir et blanc. Je ne sais pas ce qu’en pense son ophtalmo mais j’aimerais beaucoup voir comme lui. Parce que c’est beau comme il voit. Comme il nous voit. Ça ressemble à nous mais en mieux. On se regarde sur le papier (oui, il sort encore ses photos sur papier) et on ne se doutait pas qu’on ressemblait à ce qu’il a capturé dans sa petite boîte. Le plus étonnant c’est qu’il n’est même pas obligé d’embellir ce qu’il a vu. Il ne trafique pas ce qu’il montre. Il ne triche pas. Il est venu à la répétition, il a repéré les moments, les secondes furtives où il faudrait jouer de l’obturateur et hop, sur le cliché, tu es beau ! Ou pas d’ailleurs. Ce qu’il sort, ça peut même être une grimace, mais c’est juste la vérité toute nue d’un instant qui valait le coup de figer.
C’est cela qu’il fait. Il nous fige.
Enfin, toi tu croyais que c’était figé. Parce que quand tu regardes, tu as l’impression tout d’un coup que le ou les personnages continuent à bouger ! C’est qu’en plus de l’image, sans que tu t’en sois aperçu, il est venu agripper ton imagination. Aussitôt, elle se débrouille, la garce, pour que ce ne soit plus seulement une photo que tu regardes, mais un film. Qui débobine nos bobines toutes seules, par devers nous, juste dans nos têtes, où seuls nos yeux intérieurs peuvent regarder, en noir et blanc…
Comment il fait ???
Il avait juste dit « salut », poli, avec un sourire et une plaisanterie, drôle. Il s’est assis, s’est relevé, a visé là où il savait. Et c’est tout. Le clic tu ne l’avais pas entendu. Après, eh bien, après… Faut aller voir…
Ce sera dans le hall du théâtre de Serémange-Erzange du 24 au 27 septembre.

À suivre…

Roland Marcuola