Vains dieux, on a vingt ans !!! n°4

 4 ème épisode « Des chansons de Roland »
Affiche Roland pour site
Résumé des épisodes précédents : La compagnie Les Uns, les Unes fête ses 20 ans du 24 au 27 septembre 2015 à Serémange-Erzange. Il y aura du théâtre, de la chanson, des lectures, de la poésie, des nouveautés, des reprises, une exposition, du cinéma… Du rire et de l’émotion…

C’était au petit déjeuner un matin. J’avais pris une guitare. Il restait du café. J’ai chanté deux trois chansons, comme ça. Des chansons que je ne jouais plus depuis pas mal de temps et qui ne manquaient à personne jusqu’à ce matin-là. La faute à Guido aussi (voir épisode 3) qui me prenait tout mon temps. Je me reverse du café, regarde ma compagne. Elle pleure. Pas parce que je chante faux, ni parce que j’ai renversé du café. Non, à cause de l’émotion. Bon, je me dis, il faut que je remette ça peut-être… Pas de me resservir du café, de rechanter ces chansons-là. Et elle aussi me dit qu’il faut que je remette ça, que je retourne chanter ces chansons-là devant un public…

C’est que j’aime ça, moi, chanter et écrire des chansons. J’ai même commencé comme ça. Bien avant de faire du théâtre. Seulement voilà, des chansons, je n’en ai plus écrites depuis des années, si on excepte celles, quasi obligatoires, écrites pour « Cité en scènes ».
Retourner chanter devant un public, à dire vrai, ça me chatouillait déjà à chaque représentation de « Cité en scènes » quand Guido saisissait sa mandoline. Le moment que je préférais d’ailleurs. Me restait plus qu’à prendre ma guitare-courage à deux mains. Mais comment reconstruire un spectacle sans tomber dans la nostalgie ? Peut-on être et avoir été ? Devoir de philosophie, je ramasse les copies dans quatre heures.

Il s’agissait donc avant tout de regarder devant soi et de régler son compte à la nostalgie. Comment ? On revisitant toutes les chansons que j’avais envie de reprendre, en les réarrangeant avec mes seules partenaires de scène désormais : mes guitares, ma mandoline et mes envies. Premier boulot : faire un tri dans les chansons parce que mine de rien j’en ai écrites un paquet. Un seul critère de sélection : me faire plaisir. J’ai donc pris quelques chansons écrites ou non pour Françoise Markun, puis pour Duo à Quatre, quelques chansons jamais chantées par ce groupe pour cause de scission, et puis quelques nouvelles parce que la plume me disait bien…

J’ai appelé ça « Des chansons de Roland » Eh oui : « Pardonnez-moi prince si je / Suis foutrement moyenâgeux… »
« Et nous voilà ce soir » comme disait Brel.
On l’aura compris les grands anciens, Brassens, Brel, et d’autres ne sont pas pour rien dans ce parcours. Du premier il sera question deux fois encore dans les épisodes suivants…
Et donc pour mes chansons, ce sera le 24 septembre au centre socioculturel parce que l’intimité du lieu ressemble à celle de mon petit déjeuner d’où est partie l’idée.

Votre café, avec ou sans sucre ?

À suivre…

Roland Marcuola